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Lutte contre les rongeurs aquatiques envahissants : Progression du ragondin

Comme chaque année, FREDON Hauts-de-France a présenté le bilan de la lutte contre les rongeurs aquatiques envahissants.

Mardi 30 juin 2026, à Loos-en-Gohelle, FREDON a fait salle comble. Dans l’assemblée, les représentants des différents acteurs de la lutte en Hauts-de-France ainsi que la Vice-Présidente en charge de la biodiversité à la Région Hauts-de-France, Madame Véronique TEINTENIER, sont venus participer au bilan 2025 de la campagne de lutte contre les rongeurs aquatiques envahissants. Cette réunion, a été aussi l’occasion d’échanger sur les pratiques de piégeages, les inquiétudes et la réglementation.

Réunion bilan de la campagne de lutte 2025 contre les rongeurs aquatiques envahissants en Hauts-de-France, le 30 juin 2026 à Loos-en-Gohelle (Crédit photographique : FREDON Hauts-de-France)

               

Monsieur Cyrille NAUDET, Secrétaire-Adjoint de FREDON Hauts-de-France, co-Présidents de la commission Vertébrés Nuisibles a introduit la réunion en remerciant la Région Hauts-de-France, et la DREAL Hauts-de-France pour leur soutien financier ainsi que l’ensemble des acteurs présents. Il a rappelé la nécessité de coordonner la lutte contre les rongeurs aquatiques envahissants à l’échelle des Hauts-de-France.

Bilan régional de la campagne de lutte 2025

Une diminution des prises de rats musqués de 15% pour le Nord et le Pas-de-Calais entre 2023 et 2025 et une augmentation des prises de rats musqués de 8% pour l’Oise et la Somme entre 2022/2023 et 2024/2025 sont observés. On observe également une augmentation des captures de ragondins sur l’ensemble des départements avec +126% de captures pour le Nord et le Pas-de-Calais ainsi qu’une augmentation de 31% dans l’Oise et la Somme.

Le développement du ragondin en région Hauts-de-France est inquiétant. Sa progression se poursuit dans le Nord et la Somme et est bien présent dans l’Aisne et l’Oise. Il est également capturé, depuis 2025, sur le territoire de la Communauté d’Agglomération Béthune, Bruay, Artois, Lys Romane (Département du Pas-de-Calais).

Les piégeurs ont un impact positif sur la démographie des rats musqués et peuvent s’en féliciter. Cependant, le nombre de piégeurs est en baisse, leur âge moyen est élevé et il est difficile de motiver de nouveaux piégeurs volontaires. Cette diminution est inquiétante face à l’expansion du ragondin. Afin de motiver des jeunes à piéger, les Groupements de Défense contre les Organismes Nuisibles (GDON) du Boulonnais ; du Pays de Saint Omer ; et de la Scape, du Bas Escaut et de la Marque ainsi que l’Association des Piégeurs Agréés du Nord et des Gardes Assermentés (APANGA) se tournent vers les lycées agricoles pour inciter les étudiants à suivre la formation pour l’agrément de piégeur et ainsi participer à la lutte contre les rongeurs aquatiques envahissants.

Financement de la lutte contre les rongeurs aquatiques envahissants

Au niveau régional, la mise en place, la coordination et le suivi de la lutte collective réalisés par FREDON Hauts-de-France sont financés par la région Hauts-de-France, et la DREAL Hauts-de-France.

Localement, la lutte contre les rongeurs aquatiques envahissants est financée par les intercommunalités, les syndicats mixtes, les sections de wateringues, des associations locales et la Région Hauts-de-France. Une prime à la capture s’élevant majoritairement à 2,50€ est mise en place afin d’encourager les piégeurs volontaires. La Région Hauts-de-France y participe à hauteur de 0,50€ par prime à la capture.

Implication des collectivités : un levier indispensable pour une lutte efficace

Les collectivités territoriales occupent une place centrale dans la lutte contre les rongeurs aquatiques envahissants. En première ligne face aux conséquences de leur présence, elles doivent faire face aux risques sanitaires pour les habitants, aux dégradations des berges, des ouvrages hydrauliques et des infrastructures routières, aux impacts sur l'agriculture, la biodiversité et, plus largement, à l'attractivité des territoires.

L'efficacité de la lutte collective repose sur une mobilisation locale forte. Le soutien des communes, des intercommunalités et des syndicats de bassin est indispensable pour organiser les actions de piégeage, coordonner les différents acteurs et assurer leur financement. Sans l'engagement des élus, il est difficile de mettre en place ou de pérenniser une organisation efficace sur le terrain.

Le renouvellement récent des équipes municipales constitue une opportunité pour relancer cette dynamique. Il est essentiel de sensibiliser les nouveaux élus aux enjeux liés aux rongeurs aquatiques envahissants afin d'étendre la lutte aux secteurs encore peu couverts, tout en maintenant les dispositifs déjà en place sur les territoires engagés.
 

Dégâts de rats musqués en Hauts-de-France sur cultures et berges (Crédit photographique : FREDON Hauts-de-France)

                          

Madame Véronique TEINTENIER félicite le travail réalisé par FREDON Hauts-de-France et les acteurs de la lutte sur le territoire des Hauts-de-France soutenu par la région Hauts-de-France et la DREAL Hauts-de-France.

M. Alain TOURNIER, Vice-Président de FREDON Hauts-de-France, Mme Véronique TEINTENIER, Vice-Présidente en charge de la biodiversité à la Région Hauts-de-France, M. Cyrille Naudet, Secrétaire-Adjoint de FREDON Hauts-de-France et M. Denis Bollengier, Président de FREDON Hauts-de-France, le 30 juin 2026 à Loos-en-Gohelle (Crédit photographique : FREDON Hauts-de-France)

                             

En conclusion de cette réunion, M. Alain TOURNIER, Vice-Président de FREDON Hauts-de-France et co-président de la commission Vertébrés Nuisibles, remercie l'ensemble des acteurs engagés dans la lutte contre les rongeurs aquatiques envahissants : les interlocutrices de la commission Vertébrés nuisibles pour leur travail quotidien, les piégeurs et les associations pour leur engagement de terrain, les collectivités qui soutiennent et/ou financent ces actions, ainsi que les fédérations départementales des chasseurs qui facilitent la mise en œuvre de cette démarche collective.

Il souligne qu'il est essentiel de maintenir les efforts engagés, cette lutte étant plus que jamais nécessaire. Il insiste sur l'importance de former, de motiver et d'accompagner de nouveaux piégeurs, tout en veillant à soutenir les piégeurs déjà investis face à l'apparition de nouvelles espèces et à l'évolution des pratiques.

M. Alain TOURNIER rappelle également que l'extension de la lutte collective à de nouveaux territoires est un processus complexe qui demande du temps. Selon les enjeux locaux, cette organisation peut s'envisager à différentes échelles, qu'il s'agisse du département, de l'intercommunalité, du bassin versant ou d'autres territoires pertinents.


La poursuite et le développement du piégeage visent une meilleure maîtrise des populations de rats musquées et de ragondins.

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